Running history X : Du Moyen Âge au XIXème

La course à pieds nous vient de loin. On continue à vous présenter un peu cette histoire du coureur qui malheureusement n'est pas brillante sur cette époque...
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Après avoir regardé la naissance de la course à pied durant la préhistoire dans un but de survie, nous avions pu découvrir son développement dans l’antiquité dans un double rôle : la reconnaissance et la gloire en Grèce avec les olympiades mais aussi son utilisation dans un but stratégique via la légende de Phillipidès.

Aujourd’hui on s’attaque au Moyen-Âge, ou plus particulièrement à une période allant du Moyen-Age au début de l’ère industrielle .


 

Le coureur à pieds : Du clown au sportif en passant par le rôle de messager

Les ottomans et le coureur amuseur

Dans l’empire ottoman, le peich, ou professionnel de la course à pied, a été une pratique répandue pendant des siècles.

Malheureusement, il est difficile de dire que cet emploi était vraiment quelque chose qui met en avant la course à pied . Même si on leur reconnait certaines aptitudes comme la vitesse et l’agilité, ils sont surtout l’équivalent des bouffons que l’on retrouve dans les épopées moyenâgeuses.

Pour exemple: Le sultan n’entretenait pas moins de quatre-vingt à cent coureurs dans ses palais. Ils allaient, sautant et cabriolant devant lui et parfois se retournaient, continuant de courir à reculons en dodelinant de la tête et criant :« Allah Deicherein! Dieu maintienne le seigneur en puissance et prospérité! »

Bref, on ne peut pas dire que les coureurs ottomans ont fait du bon travail pour mettre en avant la beauté et l’exigence de notre sport préféré ;). Néanmoins, une légende raconte qu’un sultan a été sauvé par l’un des ces coureurs : lors d’une défaite sur une bataille, les assaillants se dirigent vers la « tente » du sultan. Averti, notre coureur pris son sultan sous le bras et couru pour échapper aux assaillants. Comme d’habitude, il mourut d’épuisement mais le sultan fut sauvé.

Heureusement, vers le XVIe et le XVIIe siècle,la position de coureur évolue un peu. Les succès turcs leur valurent un élégant costume composé d’une tunique à l’albanaise de damas ou de satin aux riches couleurs, d’une large ceinture de soie brodée d’or à laquelle pendait un poignard artistement ouvré, de chausses très longues figurant assez exactement des bottes, et d’un bonnet très haut, scuff, en argent battu constellé de pierreries et surmonté d’un long panache de plumes d’autruche.Bref, nos amis coureurs s’embourgeoisent et prennent le rôle de messager et de consultant du sultan et des pachas mais sans une grande reconnaissance par l’histoire.

Théodore Cantacuzène vantera tout de même en Europe leur endurance et leur agilité et racontera que les peichs franchissaient en vingt-quatre heures la distance qui sépare Constantinople et Andripoline (160km)

 

En Europe, laquais basques, running footmens et sport de femmes

L’Europe n’a pas non plus brillé par la mise en avant de la pratique de la course à pied comme sport. En effet, durant le Moyen-âge, les sports pratiqués tournent plutôt autour des mêlées (sorte de batailles sanguinolentes entre amis, je vous renvoie vers le premier Tome de Games of Thrones pour une description plus claire) et des joutes à cheval. Pour la renaissance, c’est surtout le jeu de paume qui triomphe.

Que ce soit en France, en Angleterre ou en Allemagne, on utilise surtout les coureurs dans le rôle de messager et de postier.

En France, ce sont les basques qui vont représenter le mieux les coureurs à pieds en proposant leur service de laquais auprès de la bourgeoisie et faire passer les lettres et différents messages d’une ville à l’autre. Les basques en feront tout de même un sport avec la Korrikolaris est une course pédestre généralement disputée sous forme de défi entre deux villages, cette course se dispute sur de longues distances (entre 10 et 130 km), mais aussi sur des distances plus courtes (1,8 km au fameux korrikolaris de Bilbao).

En Allemagne, si le rôle des coureurs reste identique, on note un début d’esprit sportif et de compétition mais surtout destiné aux femmes. à Marktgroningen en Wurttemberg, notamment, les femmes s’adonnaient avec passion à l’exercice de la course. Le jour de la Saint-Barthélemy, on les voyait, vêtues d’un simple jupon court et d’un corsage de tricot blanc, se réunir en grande pompe pour lutter de vitesse et d’agilité. Parfois, c’est la tête chargée d’une cruche remplie d’eau que la course s’exécutait.

En Angleterre, les running footmens réalise les mêmes missions que les basques français mais avec une classe toute anglaise : casaque de jockey, culotte de toile blanche, toque de soie ou de velours. Ils étaient munis d’une longue canne surmontée d’une pommé d’argent volumineuse et creuse dans laquelle étaient renfermés leurs moyens de subsistance pendant la course : des œufs durs et un peu de vin blanc.

Et forcément les histoires qui vont avec donnent elles aussi dans la classe british : Langham, le coureur de Lord Berkeley, mit de Collowdon à Londres où il était allé chercher un médicament destiné à lady Berkeley, et de Londres à Collowdon, quarante-deux heures. Il avait fait 148 milles soit 238 km !

Mais plus important, c’est en Angleterre que l’athlétisme revit, puisque ont y atteste des courses organisées dès le onzième siècle. La royauté anglaise, pour des raisons militaires, tente d’interdire tous les sports sauf le tir à l’arc. C’est seulement trois siècles plus tard qu’Henri VIII cèdera et accordera le droit de pratiquer la course à pied.
Les premiers coureurs professionnels apparaissent à la fin du XVIIe siècle en Angleterre. Ces coureurs de fond étaient ambulants et se mesuraient aux champions locaux dans des défis rémunérés.

 

Peu de reconnaissance du coureur en tant que sportif avant l’ère industrielle

Conclusion, on peut voir que les runners ont longtemps été considéré comme des valets notamment du fait de la faible propension de l’apprentissage de l’importance de la pratique d’exercices physiques dans le Moyen-Age et la Renaissance. Il faudra attendre Montaigne et autres auteurs portés sur la « santé » pour que la pratique d’activités physiques se démocratise et ce n’est qu’à partir des années 1850-1900 que nous assisterons à la reconnaissance de la course à pieds comme véritable sport mais nous en reparlerons dans un prochain article.


Prochaine article sur l’histoire de running à venir, La course à pieds: de la consécration sportive à la démocratisation totale

On espère que vous en aurez appris un peu plus sur l’histoire de notre sport!

 

 

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